Lorsque le premier conflit mondial éclata en août 1914, l'armée française fût d'abord engagé dans une guerre de mouvement.
Puis après la bataille de la Marne en septembre 1914, le front se stabilisa et les belligérants s'enterrèrent dans des tranchées dans une guerre de position.
Ainsi dans cette guerre de tranchées, qui est en effet menée avec des projectiles à dispersion (obus de mortier, obus de shrapnells... etc), les trois quarts des blessés portaient des lésions à la tête, dont 88% furent mortelles.
C'est donc dans la perspective de protéger la tête des soldats que l'adjoint au directeur de l'Intendance au ministère de la guerre, Louis Auguste Adrian, mit ainsi au point une cervelière, calotte métallique de 0,5 mm d'épaisseur, placée dans le képi pour protéger le crâne des éclats de pierres, des balles... etc.
Mais le modèle, fabriqué à 700 000 exemplaires, distribué lors de l'hiver 1914, n'est pas jugé assez efficace bien qu'il protège d'environ 60 % des éclats.
Le 21 février 1915, le ministère de la guerre, suivant la recommandation du général Joffre, décide de l'adoption d'un casque d'acier pour l'infanterie.
Moins d'un mois plus tard, le choix se porte sur le modèle proposé par le peintre militaire Georges Scott "un casque de dragon", dont le mode de fabrication trop complexe rallonge les délais de fabrication, bénéficie au prototype d'Adrian. Pour accroître la protection balistique, Adrian étudie un casque basé sur un concept nouveau qui allie facilité de production et efficacité. En avril 1915, le casque constitué de 700 g de tôle d'acier est présenté et accepté au mois de juin.
Ce casque est commandé à 1.600.000 exemplaires le 5 juin 1915 mais sa distribution commença lors des grandes offensive de septembre 1915. Plus de 7 millions d'exemplaires sont fabriqués dès la première année. Le casque remporte un tel succès auprès des militaires que les armées occidentales le commandent en masse (Italie, Belgique, Serbie, Roumanie, Hollande et Russie).
En octobre 1915, Adrian est promu commandeur de la Légion d'Honneur, pour l'ensemble de son travail.
Le nom d'Adrian reste attaché au casque du Poilu.
Pour finir, le casque Adrian modèle 15 fût le premier casque moderne au monde, et sera le précurseur d'une grande lignée au sein de l'armée française jusqu'en 1945.